NOUVELLES DU FRONT 1
Toute approche élémentaire de stratégie suppose que la connaissance de l'ennemi est la meilleure préparation à la guerre. Les Etats-Unis ont déclaré la guerre au terrorisme islamique et l'Union européenne leur a emboîté le pas en créant un " Monsieur Terrorisme " - expression malheureuse qui couvre un poste, une mission, un salaire, des privilèges, mais pas d'actes jusqu'ici. Il semble donc qu'une guerre soit déclarée. Contre qui ? Le terrorisme islamique, non pas l'islam. C'est une distinction que l'on entend abondamment souligner.
Un peu comme si on pouvait lutter contre une épidémie de grippe sans voir que c'est le propre de la grippe de provoquer des épidémies.
Avec le recul des ans, on se demandera comment l'Europe a pu être aussi aveugle. Les caricatures de Mahomet publiées en 2005 ont provoqué une explosion de violence. Des ambassades ont été mises à mal et jamais le drapeau danois n'a été tant brûlé de par le monde. Ces faits sont loin d'avoir été unanimement désavoués dans le monde occidental.
Des chaînes de grands magasins ont même boycotté les produits danois pour faire cause commune avec les " croyants offensés ".
(Cela signifie qu'une brève étude de marché leur a permis de conclure qu'ils risquaient de perdre davantage de clients musulmans en ne faisant rien que de clients occidentaux en faisant quelque chose.) Les nouvelles publications de ces caricatures dans 17 journaux danois récemment ont donné lieu aux mêmes démonstrations de violence et de haine dans le monde musulman. Trois ans après, ils n'ont pas désarmé, bien au contraire.
Islam et jihad...
Les musulmans connaissent bien mieux les Européens que les Européens ne les connaissent. D'abord parce que c'est eux qui migrent vers l'Europe et non l'inverse. Ils connaissent de ce fait beaucoup mieux l'Europe que les Européens ne connaissent le monde islamique. Pour les musulmans, l'Europe est une terre de conquête qu'ils convoitent et où ils s'implantent, tandis que le monde islamique n'attire que des touristes qui ne feraient jamais le projet de s'y établir. Mais il y a une autre raison à cette ignorance : c'est la peur.
Les Européens ont peur des musulmans. Pour ne pas l'admettre, ils ferment les yeux. Ils minimisent ou nient le danger que représente l'islam.
Ils font une distinction spécieuse entre l'islam et le fondamentalisme musulman.
Récemment Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, déclarait : " Nous allons gagner car ils aiment la vie et nous aimons la mort. " Plus explicite encore, le chef de la section afghane d'al Qaeda, Malauna Inyadullah déclarait : " Les Américains aiment le Pepsi-Cola, nous aimons la mort. "
Le directeur du Global Islamic Youth Center de Sydney n'hésite pas à dire : " Nous voulons avoir des enfants et les offrir comme soldats pour défendre l'islam. Nous leur enseignons ceci : il n'y a rien qui soit plus désirable que de mourir comme mujahid. " Ce qui rejoint l'ayatollah Ali Khamenei : " C'est le sommet de l'honneur pour un homme, une jeune personne, garçon ou fille, d'être prêt à sacrifier sa vie pour servir sa nation et sa religion.2 " Pouvons-nous en dire autant ? Quelle riposte notre " Monsieur Terrorisme " peut-il imaginer contre une telle détermination ?
De riposte, l'Europe n'en prépare point pour la simple raison qu'elle n'identifie pas correctement l'attaque. Les propos cités ci-dessus seront toujours interprétés comme l'expression d'un islam extrémiste et déviant. Il se trouvera toujours bien quelque musulman sincère, pour affirmer que le jihad n'a rien à voir avec l'islam authentique. Et les Européens préfèrent le croire, lui, plutôt que les barbus déchaînés qui, en Angleterre par exemple, appellent, à l'aide de porte-voix, à la destruction de l'Occident. L'égarement est total. Quelles que soient les relations que des Européens peuvent entretenir avec des musulmans modérés - c'est-à-dire, du point de vue de l'islam, des " mauvais musulmans " - ils doivent reconnaître que leur religion a été depuis le début une cause de guerre, de conquête et d'oppression.
Il est difficile de soutenir que l'islam est " une religion de paix et d'amour " quand celui-là même qui l'a prêché a appelé à la guerre, à l'oppression et la destruction. On devrait alors soutenir que l'islam a dévié dès le début ou qu'il a été faussé par son inventeur… Le Coran est plein de versets qui appellent à la guerre et encouragent l'oppression et la destruction des " incroyants ". Rien n'indique que ces versets ne sont plus d'actualité.
En outre, le Coran n'est pas, de par la tradition musulmane, sujet à interprétations ou adaptations. Ce qui est écrit est à prendre au sens littéral et rien, pas même le progrès de la raison, ne peut en altérer le sens.
En Indonésie, le pays musulman le plus peuplé du monde, le gouvernement du Président Susilo Bambang Yudhoyono a ordonné au mouvement dissident Ahmadiyah de cesser ses activités sous peine de prison. En quoi ce mouvement qui compte 200 000 adhérents est-il un danger pour la paix publique ? Eh bien, il rejette ouvertement le jihad et se montre favorable au dialogue interreligieux.
La conclusion à tirer est que les " bons musulmans ", les musulmans intègres, sont en faveur de la guerre sainte. Ils souscrivent pleinement aux discours de ceux que les Européens qualifient d' " excités ". Il est vain d'attendre un modernisateur de l'islam ou un réformateur qui n'en retiendrait que la substance philosophique. Ceux qui caressent de tels espoirs, dans le monde occidental ou musulman, sont dans l'irréalisme le plus total. Quand bien même un tel réformateur apparaîtrait, il est évident qu'il ne pourra pas faire l'unanimité du monde musulman. On lui résistera massivement au nom du Coran et de l'exemple de Mahomet. Il est encore plus vain d'attendre une sorte d'occidentalisation massive des musulmans qui aurait, comme effet secondaire, d'atténuer leur sentiment religieux ou de le détacher de ses excès. La plupart des musulmans vivant dans le monde occidental sont parfaitement intégrés dans le sens où ils en connaissent les règles. Mais ils ne sont pas assimilés, ne veulent pas l'être et le sont en réalité de moins en moins.
Capitulations sans combat.
C'est parce que les Européens ne veulent pas voir que le terrorisme musulman procède naturellement de l'islam authentique qu'ils sont incapables de lui opposer une résistance efficace. Voilà pourquoi les nouvelles du front sont plutôt mauvaises.
La Grande-Bretagne précède l'Europe continentale en qualité de territoire envahi. Plusieurs villes ont déjà une population majoritairement allogène de religion musulmane. Il est fréquent que, dans la rue, des musulmans se regroupent pour des appels publics à la haine, à la conquête et à la destruction.
Les revendications des musulmans se multiplient et s'enhardissent devant l'absence totale de résistance ou de sanctions de la part des autorités.
Dans un tel contexte, les déclarations de l'archevêque (anglican) de Canterbury, Dr Rowan Williams, n'ont rien d'étonnant. Le prélat a déclaré que l'adoption d'éléments de la sharia en Grande-Bretagne lui apparaissait comme inévitable et souhaitable. Selon Rowan Williams, il est juste d'envisager d'introduire dans le droit britannique des accommodements en fonction des différentes sensibilités religieuses. De tels accommodements existent déjà, dit-il, en faveur des israélites et même des musulmans, par exemple concernant l'abattage rituel des animaux. Il propose donc que, dans des domaines tels que le mariage et la famille (en particulier le divorce), des principes inspirés ou directement issus de la sharia soient d'application pour les musulmans.
Les propos de l'archevêque de Canterbury ont suscité une vague d'opposition et d'indignation. Seuls certains musulmans l'ont soutenu, se demandant en quoi cela pouvait gêner un Britannique si un musulman était jugé selon le droit musulman. La plupart des réactions hostiles évoquent l'égalité de tous devant la loi et la nécessité que les immigrants se soumettent au droit de leur pays d'accueil. Les références faites à l'application de la sharia en Arabie saoudite ou dans d'autres pays de tradition islamique, n'ont pourtant pas intimidé Rowan Williams qui soutient que la sharia est multiforme et que ce ne sont pas ses pratiques les plus extrêmes qui devraient être adoptées. Peu de commentateurs ont toutefois montré que l'application, même partielle et adaptée, de la sharia en Grande-Bretagne n'est qu'un pas de plus vers l'islamisation de la société. L'archevêque semble ne pas avoir considéré cet aspect non plus.
Pour les musulmans cette déclaration est une victoire aussi inespérée qu'incompréhensible.
Que la plus haute autorité religieuse d'Angleterre (après la Reine ou le Premier ministre) cède à si faible pression permet d'envisager une islamisation relativement rapide du pays. D'autant plus rapide que des prédicateurs et des terroristes dangereux, comme le féroce Abu Qatada, sont remis en liberté à la plus grande consternation des Anglais. Les juges se sont en effet émus que, si ces malfaiteurs étaient extradés vers leur pays d'origine, ils ne jouiraient pas de toutes les garanties contre la torture ou la pendaison. Les charges contre eux n'étant pas assez prouvées en Angleterre, ils sont libres. C'est le cas d'Abu Qatada qui vit dans un faubourg londonien sous une haute surveillance dont le coût est estimé à £500 000 par an, sans compter £45 000 comme aide sociale avec un surplus de £8 000 pour son invalidité (M. Qatada a un mauvais dos).
3
En Allemagne, un débat s'est élevé à propos du projet de construction d'une grande mosquée à Cologne. Malgré une opposition massive des deux tiers de la population de la ville, la CDU aux affaires n'a pas osé dire non.
Elle a préféré fixer 14 conditions à remplir par le Ditib, l'association responsable du projet. Or ces conditions (l'obligation du prêche en allemand, la promotion de l'intégration des jeunes par les activités sportives et culturelles de la mosquée, l'appel du muezzin limité à l'enceinte de la mosquée, etc.) démontrent que les autorités ne cherchent pas du tout à répondre aux vœux de la population. Pour les habitants de Cologne, en effet, il importe peu que la langue du prêche soit l'allemand ou le turc. Le sentiment général exprimé par l'écrivain Ralph Giordano est :
" Je n'ai aucune envie de voir des porteuses de burqa dans les rues allemandes, ni d'entendre le muezzin du haut de son minaret." Bref ils ne veulent plus d'immigration musulmane. Le secrétaire général du Ditib, Mehmet Yildirim, voit juste en disant : "Les gens découvrent que l'islam est aussi une composante de la société allemande. Et cela se fait parfois dans la douleur. Certains ont du mal à accepter cette évidence." Ou, plus exactement : ils ne veulent pas l'accepter. On considère que l'islamophobie est montée de 20% depuis le début des débats au sujet de la mosquée de Cologne.
La population commence à souffrir de l'islamisation de la société et les 14 conditions, même remplies, n'y changeront rien. Pour l'instant, on discute sur la hauteur des minarets que les autorités de Cologne voudraient ramener à 55 mètres. Or les responsables du Ditib ne sont pas prêts à transiger là-dessus. "Nous remplissons toutes les conditions exigées de nous - dénonce Mehmet Yildirim. Nous demander maintenant de changer les plans, c'est un acte de méfiance. Alors que nous avons joué la confiance. C'est profondément blessant." Ce ton et cet argument ne rappellent-ils pas Recep Tayyip Erdogan négociant avec l'Union européenne ? Le même recours aux sentiments, la même bonne foi offensée ?
A une échelle plus petite, la ville de Bastogne a pendant des mois été occupée par une demande permis de bâtir d'un minaret attenant au lieu de prière déjà accordé aux musulmans locaux. Aujourd'hui la demande de permis de bâtir est rejetée. Petite victoire. Le bourgmestre a été littéralement assailli de plaintes et d'exhortations venant de tous les coins du pays et le pressant de dire non. Un minaret est, dans la tradition islamique, un symbole de domination. Son aspect pratique - appeler à la prière - ne se justifie nullement à Bastogne pas plus qu'à Cologne où la mosquée est située à l'écart du centre-ville.
La seule vraie raison de la construction d'un minaret en terre non musulmane est l'affirmation d'une domination à venir. C'est un défi ou une provocation. Qui, en Europe, est prêt à s'en rendre compte ?
Le vrai problème, c'est nous.
Dans son récent livre Faith, Reason, and the War against Jihadism, le philosophe américain George Weigel plaide pour plus de réalisme en Europe devant l'" attitude suicidaire " qu'est l'acceptation passive d'un islam dominant. Il déplore cette haine de soi-même qui touche les Européens et dont le Pape Benoît XVI a souvent parlé. Il touche là la racine du mal. Ce n'est pas l'islam qui a la capacité de soumettre l'Occident, mais c'est l'Occident lui-même, et surtout l'Europe, qui est prêt à se soumettre.
C'est cette prédisposition à la soumission qui fait que les Européens préfèrent fermer les yeux et se mentir à eux-mêmes en parlant d'islam tolérant - chose inexistante - plutôt que d'admettre leur faiblesse et de reconnaître le danger.
Que se soit à Londres ou à Cologne, ou partout ailleurs en Europe où l'islam marque des points, c'est toujours la même attitude : la soumission avant la lutte ou la soumission pour éviter la confrontation.
Rien ne poussait l'archevêque de Canterbury de souhaiter l'introduction de la sharia en Grande-Bretagne. Qu'est-ce qui empêche la CDU de dire non à la nouvelle mosquée de Cologne ? Et rien n'obligeait la ministre suisse des Affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey, à porter le voile lors de sa rencontre avec le président radical de l'Iran pour négocier un contrat de gaz naturel.
Mais l'Européen - surtout l'Européen politisé - a peur. Il est plein de complexes et de culpabilité. Il ne s'aime plus lui-même et ne tient plus à la liberté.
Du côté de la population, cependant, une lueur d'espoir se fait jour. Suite aux propos de l'archevêque de Canterbury une vague de désapprobation indignée à déferlé sur la Grande-Bretagne et même au sein de l'Eglise anglicane. Le malheureux prélat n'a trouvé de vrai soutien que chez les musulmans. La population, plus réaliste et quotidiennement aux prises avec l'islam, commence à prendre conscience. A Cologne aussi la réaction est physique plus que raisonnée : les gens veulent rester chez eux, dans leur environnement familier et ne peuvent accepter l'invasion rampante de l'islam. Et en Suisse, la ministre des Affaires étrangères a été sous le feu des critiques pour être apparue comme " une femme soumise " en terre d'islam.
Le parlementaire néerlandais Geert Wilders qui a eu le courage de dénoncer le danger de l'islam dans la société occidentale dans son film " Fitna " ne sera finalement pas inquiété par la justice. Son court-métrage a été jugé " blessant " et " insultant ", mais non pas " criminel ". Ce jugement a été rendu aux Pays-Bas, pays réputé pour sa liberté de mœurs et d'opinion. En Arabie Saoudite, Wilders serait déjà mort.
Mais qu'y a-t-il d'insultant et de blessant dans " Fitna " ? La juxtaposition d'actes terroristes perpétrés par des musulmans au non de l'islam et des versets du Coran. En d'autres mots, la suggestion que les premiers pourraient découler des seconds, comme l'affirment d'ailleurs ces mêmes terroristes. C'est blessant…
Les plus sensés des commentateurs s'accordent pour dire que tout ceci n'est que le début du problème. Tant que l'islamisation de l'Europe est rampante, les Européens préféreront fermer les yeux et le pouvoir cachera la réalité. Il sera encore de bon ton de prêcher la tolérance et le respect, de sanctionner Geert Wilders et d'applaudir Rowan Williams. Mais lorsqu'on ne pourra plus cacher les effets de l'islamisation, ne sera-t-il pas déjà trop tard pour réagir dans le cadre légal ? Chaque avancée musulmane s'accompagne d'un sentiment de frustration et de colère de la part de la population, trahie par ses autorités. Les gens prennent conscience de la menace, mais lentement, très lentement, en commençant par ceux qui sont les plus éloignés du pouvoir politique. Cette prise de conscience va gagner du terrain, immanquablement. Mais prendra-t-elle assez tôt une forme politique pour faire face au problème et tenter de le résoudre ?
Le vrai problème, ce n'est pas l'islam, ce sont les Européens. L'islam ne représenterait pas un tel danger pour l'Europe si celle-ci avait encore sa fierté, sa vitalité et sa foi. Non qu'il faille sous-estimer l'islam en tant que menace, mais ce qui le rend fort et donc réellement dangereux pour l'Europe, aujourd'hui comme hier, c'est la faiblesse des Européens. C'est la porte ouverte qui crée le courant d'air. Les Européens réapprendront cette vérité élémentaire à leurs dépens. Espérons qu'il ne soit pas trop tard.
Christophe Buffin de Chosal
1 Paru dans Nucleus, mars 2008, sous le titre Niet de islam, wij...
2 Worshippers of Death, de Alan M. Dershwitz, in The Wall Street Journal Europe, 4 mars 2008
3 Wall Street Journal Europe, 1erjuillet 2008