Utilisation de l'Islam à des fins politiques! 1
"Voyez, s'écrient les poltrons, nous n'avons aucun problème de cohabitation avec l'islam!" Bien sûr: il leur suffit de s'incliner d'avance! Ces apôtres du respect de la différence s'emploient à renier leur propre identité pour ne pas " choquer " celle de l'autre.
Ce phénomène de mimétisme est connu des populations chrétiennes qui, historiquement, ont eu à vivre sous la loi islamique. La règle de survie était de faire comme la population dominante et de raser les murs. On appelait cela la dhimmitude. Or, dans certains endroits d'Europe nous vivons désormais en situation de dhimmitude inversée. Ici, c'est la majorité qui rase les murs.
En Grande-Bretagne, dans les quartiers islamisés, les femmes anglaises passent un foulard lorsqu'elles sortent de chez elles pour ne pas avoir d'ennuis. Quand, à Lyon, des jeunes musulmans tabassent férocement, dans un bistrot et en plein jour, un des leurs pour avoir simplement bu un café pendant le ramadan, c'est tout un quartier qui, faute de soutien de ses autorités, rasera désormais les murs. C'est bien la spécificité de l'attitude européenne face à l'islam: une soumission préalable à la contrainte. Une dhimmitude préventive.
Evidemment, il ne coûte rien de plier le dos lorsqu'on n'a pas d'échine. Cette attitude me semble imputable au moins autant à la faillite de notre propre système éducatif et moral qu'à la pression d'une communauté étrangère. Par ailleurs, des milliers d'Européens et Européennes se convertissent à l'islam. Quel est donc le vide qu'ils cherchent à combler par ce geste? Ne sont-ils pas victimes, eux, d'une autre idéologie, qui est celle de l'économisme et de la consommation effrénée, sans aucun système de valeurs à défendre?
Je précise encore ici que la plupart des Etats musulmans non fondamentalistes sont tenus par des gouvernements autoritaires qui maintiennent les fanatiques sous coupe réglée. Nulle part ils ne bénéficient des largesses dont ils abusent sous nos latitudes.
Cela ne les empêche pas d'étendre leur influence également dans leurs pays d'origine. Ils la construisent par le biais du social. Chez les Palestiniens, le Hamas fanatique gagne inexorablement du terrain sur le Fatah, laïc mais corrompu. Car son totalitarisme est collectiviste. Dans ce système, tous sont assurés d'une prise en charge. Cette intégration sociale du modèle islamique est une réponse à notre atomisation. C'est un socialisme perfectionné. L'URSS plus Dieu!
Le socialisme réel est donc moins matériel et l'islamisme moins spirituel qu'ils ne semblent. Les deux sont des systèmes dogmatiques et collectivistes, allergiques à la liberté individuelle.
Alors que nous ne pensons qu'à nos retraites, nos vacances et nos assurances, le monde musulman produit des armées de combattants, hommes et femmes, prêts à sacrifier leur vie en tant que bombes humaines ou dans la guerre.
Lorsque les islamistes parlent d'une réalité "autre" que celle de notre système, il ne s'agit pas d'une transcendance, mais simplement d'un système immanent et concurrent à celui que nous nous sommes construit.
Loin de moi de minimiser et ignorer les errements du christianisme : La double morale, Torquemada et l'inquisition, les dérives d'un pouvoir qui fut longtemps théocratique sont des faits indéniables. Mais tous ces phénomènes furent des trahisons de la parole du Christ et des évangiles, alors que dans l'islam, la guerre sainte, les coups de fouet, les mains coupées et autres sévices corporels sont des applications tout ce qu'il y a de plus fidèle du programme proposé par le dogme. La quête du pouvoir - le triomphe d'Allah, c'est-à-dire l'islamisation planétaire - est une fin en soi. Le royaume d'Allah est de ce monde-ci, il ne se situe pas dans l'au-delà.
Le christianisme, lui, n'est au départ qu'une parole libératrice. La civilisation fondée sur un message aussi personnel et aussi dynamique porte dans ses gènes la capacité de se transformer. Notre civilisation a évolué plus loin et plus rapidement que toutes les autres. Elle s'est remise en question à la Renaissance, au Siècle des Lumières, à l'ère des révolutions. Le carcan religieux a fini par éclater, totalement, pour le meilleur et pour le pire. D'une société théocratique et collectiviste, nous sommes passés à une société libérale et individualiste, l'une aussi nihiliste que l'autre.
En ce sens, l'avancée de l'islam n'est que le révélateur de notre vide intérieur. Si nous avions une vie spirituelle propre, équilibrée, une profondeur - une âme ! - l'islam n'exercerait aucune emprise. Ni comme séduction ni comme intimidation. Une âme critique et libre ne tiendrait pas une minute sous ce ritualisme et cette contrainte. Lorsqu'on porte l'impératif de la liberté au fond de soi, on peut affronter toute l'armée perse à trois cents hommes, comme Léonidas !
Or, dans notre société matérialiste, l'élévation n'a plus le droit d'être. Nous vivons le diktat de l'horizontalité, de la "socialisation", du carpe diem, du copinage et du bavardage généralisés. Nous ne construisons plus de temples dans l'invisible et emprisonnons l'imaginaire dans des jeux vidéos. Le monde est devenu désespérément plat. A force d'éliminer toute barrière, tout obstacle, nous avons détruit les perspectives, " effacé l'horizon ", comme écrit Nietzsche.
Or, l'être humain a toujours besoin de progresser vers quelque chose. La réduction du monde à sa matérialité nous immobilise, nous démobilise. Tout notre dynamisme, notre appétit de vivre, est fondé sur la quête éternelle et le dépassement de soi. Si je suis Dieu moi-même, vers quoi puis-je encore aller?
C'est dans cette interrogation que la déprime de la modernité prend racine et que l'angoisse s'installe.
Les uns et les autres ont en commun leur internationalisme: la nation de l'islam, comme la troupe des déracinés projetée par la gauche, transcende les partages ethniques et les cultures. Le collectivisme est leur étendard, aiguillonné par une peur bleue devant la liberté humaine. Pour les uns comme pour les autres, l'individu n'a plus rien de sacré. Aucune zone de son être n'est protégée des intrusions du collectif.
Du coup, la voilà prête à renier tous ses combats post-soixante-huitards: féminisme, égalitarisme, mouvement gay, tout passe à la trappe. Face au modèle de société islamique, son système de valeurs s'évapore.
Mais les tenants de la bourgeoisie prétendument bien-pensante ne sont pas meilleurs. Je décèle dans leur complaisance avec l'idéologie islamiste un calcul impitoyable, une véritable stratégie sociale. L'islamisation des quartiers populaires, en France ou en Grande-Bretagne, a détruit toute une couche populaire dotée de conscience sociale et, du coup, rebelle et revendicatrice.
Ca facilite les affaires, car le sentiment identitaire, la cohésion de classe, le sens civique sont pour le capitalisme autant d'obstacles à la libre circulation des capitaux. L'humain dont il rêve est le même que celui du communisme: un tube digestif à pattes, docile et interchangeable. Cependant, si le système a délibérément utilisé le mouvement démographique et culturel islamique pour mieux contrôler la population, il s'est gravement fourvoyé. On ne peut contrôler que celui qui a quelque chose à perdre. Pas celui qui est prêt à se faire sauter au milieu de la foule des consommateurs béats.
Nous en arrivons ici au nœud du problème: comment a-t-on créé cette armée inépuisable de kamikazes? Quand je dis "on", je ne pense pas qu'aux milieux islamiques, mais au contexte global. Vers le milieu du XXe siècle, le phénomène du fanatisme religieux était relégué aux oubliettes de l'histoire.
D'un côté, nous avons donc une élite occidentale qui s'emploie à confronter les musulmans en soutenant les israéliens et en menant de cruelles guerres de conquête dans le Moyen-Orient pétrolier tout en entretenant le spectre d'un terrorisme islamique largement imaginaire. D'un autre côté, nous avons un autre visage de cette même élite qui, soudain, la bouche en cœur, abreuve sa propre population en propos angéliques sur l'accueil de l'autre et la tolérance. En somme, dans la rhétorique occidentale, l'islam est "coupable" dans ses terres historiques - là où le fanatisme est entretenu par la stratégie même des Américains -, et "innocent" lorsqu'il débarque sur le sol européen.
Or, la contradiction n'est qu'apparente : le terrorisme extérieur à l'Occident sert de prétexte aux interventions armées de l'oncle Sam. Longue vie à Ben Laden, donc, afin que l'Afghanistan puisse continuer à être le premier producteur d'opium du monde et que le pétrole continue à couler à flots sous le contrôle de la très chaste Amérique et son très médiatique président. L'image d'un ennemi que l'on a soi-même nourri sur son sein est ma foi très utile pour légitimer la politique conquérante de l'empire étatsunien.
Dans l'optique du but final qu'est celui du jihad, c'est-à-dire l'islamisation de la terre entière, l'islam fait ce qu'il doit faire et le fait bien. Ceux qu'il faudrait envoyer dans le désert sont les apprentis-sorciers qui croient pouvoir utiliser cette religion pour assouvir leur faim de pouvoir.
Tout son discours sur la tolérance et l'ouverture n'est qu'un masque de la peur, dans la mesure où il jure cruellement avec l'attitude et la psychologie observables de ceux qui le tiennent, et qui ne manifestent au plan personnel ni la générosité, ni le désintéressement, ni le système de valeurs nécessaire pour une véritable ouverture à autrui. Ils n'ont même pas ce pré-requis élémentaire qu'est un léger sens de l'humour.
Et lorsqu'on voit apparaître des femmes rebelles comme Ayan Hirsi Ali ou Wafa Sultan, elles représentent plutôt un embarras pour leurs sociétés d'accueil. Encore une fois: l'islam, en Europe, c'est désormais un facteur sociologique, mais aussi un important pilier de la finance, et même un contingent électoral protégé par le dogme multi-culturaliste.
Cette religion du multiculturalisme, qui n'existe que dans les brochures des organisations internationales, n'a d'autre terrain d'application systématique que l'Europe. Il n'y a qu'en Europe qu'on veuille croire que "tout le monde est gentil si on est gentil avec lui". Dans le reste du monde, la complaisance est simplement signe de faiblesse.
En somme, dans notre poltronnerie tous azimuts, nous servons de zone tampon aux stratégies équivoques des Américains: nos autorités répercutent et accentuent la flatterie superficielle des présidents américains à l'égard de l'islam - ainsi le discours du Caire de Barack Obama -, mais elles contribuent au "conflit des civilisations" fomenté par cette même puissance en lui fournissant des troupes supplétives pour l'Afghanistan ou l'Irak.
Pour se racheter de leur participation à une stratégie globale qui est une provocation face au monde musulman, les pays européens font preuve d'un laxisme irresponsable face à l'islamisation démographique, sociologique et psychologique du continent européen. Le système tout entier a posé son cul sur le couvercle de la marmite pour ne laisser filtrer aucune opposition.
