Recherchez ...

   
 
Ewald STADLER et l'Ambassadeur Turc
 
NON, et ne l'a jamais été.

Dans un pays pratiquant la laïcité il y a une séparation des pouvoirs religieux et politiques

Petit retour en arrière. Après la première guerre mondiale et la guerre contre la Grèce, le régime Ottoman, principalement musulman, disparaît. Les nouvelles frontières de la Turquie sont définies par le traité de SEVRES en 1920. En 1922, Mustapha KEMAL prend le pouvoir avec un groupe de "jeunes Turcs" et proclame la République (1923) et fonde avec ceux-ci le Comité de l'Union et du Progrès.
KEMAL n'accepte pas le Traité de SEVRES et les frontières sont finalement redessinées comme sanctionné dans le Traité de LAUSANNE en 1923 garantissant également la liberté de religion.
KEMAL se fera appeler Attaturc et par la suite, père de la Turquie. Il est enthousiasmé par les " Lumières "et se montre très anticlérical. Son intention est de séculariser le pays. Pour cela il faut utiliser les grands moyens. Ainsi il décide :

  • 1922 Abolition du Sultanat.
  • 1923 Abolition de l'éducation religieuse.
  • 1924 Abolition du Califat.
  • 1925 Refus de porter le " Fez " et les habits musulmans.
    Obligation de s'habiller à l'Occidentale et interdiction de porter le foulard.
  • 1925 Fermeture des mosquées et des fraternités musulmanes.
    Remplacement du calendrier musulman par le calendrier grégorien.
    Autorisation de consommer de l'alcool.
  • 1928 Abolition de l'alphabet arabe remplacé par l'alphabet latin. Les mots arabes et perses sont enlevés du vocabulaire.
    Pour les hommes, le port d'une barbe est interdit dans les institutions publiques.
    Tous les clubs et associations sont remplacés par des "maisons du peuple"
  • 1934 Obligation de porter un nom de famille à l'Occidentale. Obligation aussi d'écouter la musique Occidentale.
  • 1924 - 1937 Abolition du Droit Canon
  • 1924 - 1937 Nouveau Code Civil et Code Pénal donnant les mêmes droits aux deux sexes et accorde le droit de vote aux femmes.
  • 1938 Décès de Mustapha KEMAL suite à une cirrhose du foie.
    L'Armée prend le pouvoir

Bien que laïc convaincu, Mustapha KEMAL réalisait que la religion était un élément indispensable à la structuration du pays ; plutôt que de l'étouffer, dans un but de contrôle, il instaura au sein de Gouvernement un organe ressemblant à un Ministère du Culte, la DYANET. Aucune manifestation religieuse n'était permise sans l'autorisation du gouvernement et les Imams récalcitrants finissaient leur carrière au bout d'une corde. Pour asseoir son pouvoir et assurer la sécularisation, l'Ataturc devait compter sur une puissante armée.

L'armée assure la continuité et prend la relève mais, étant régulièrement infiltrée par des éléments musulmans, le contrôle devient graduellement moins efficace et le rôle de l'armée ambigu. On assiste à une réislamisation massive de la vie publique.

  • 1956 L'éducation religieuse devient facultative et l'on crée une faculté de théologie.
    Les militaires rendent le cours de religion obligatoire.
  • 1974 La Turquie adhère à l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI)
    Pendant la période 1979 à 1989 le nombre d'Imams passe de 54 000 à 84 000.
    Pendant la période 1984 à 1989 le nombre de Mosquées passe de 5 400 à 63 000.
    Pendant la période 1979 à 1988 le nombre de fidèles qui assistent au pèlerinage à la Mecque (Hasj) passe de 11 000 à 92 000.
  • 1980 Le Président ÖZAL déclare que " le problème N°1 n'est pas l'inflation mais DIEU ". Il procède à la fermeture d'un millier de cinémas et interdit toute publicité pour le tabac et l'alcool.
  • 1981 L'armée autorise l'organisation Wahhabite saoudienne chargée de promouvoir l'islam dans le monde, à payer les fonctionnaires turcs en EUROPE...(On ne peut pas leur reprocher un manque de vision!)
  • 1986 Le Code Pénal punit de six mois de prison quiconque insulte la religion musulmane.
    Pendant la période 1982 à 1991 l'accroissement des écoles coraniques est de 5000 contre 270 écoles laïques.
    Aujourd'hui la Turquie est un pays musulman à 99%. Il n'existe pas de liberté religieuse, aucune Eglise n'est reconnue.

C'est la DYANET, organe d'Etat, qui autorise et finance la construction des mosquées, qui nomme les Imams, qui fournit les textes aux Imams, qui contrôle les écoles coraniques, etc…

Qui peut attester que la Turquie est un pays laïque, ne fût-ce qu'un semblant ?