Cette idée est également défendue par le Professeur Joël KOTEK, enseignant à l'ULB et à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris.
Il dit: " Comment oser croire qu'une religion puisse être en soi, meilleure ou pire qu'une autre? En soi, tous les systèmes religieux se valent. Toutes les traditions religieuses sont, dans leur pureté originelle, tout aussi irréconciliables avec le fondement de la pensée laïque ".
Il précise alors ce qu'il entend par la pensée laïque:
"Qu'est-ce que la laïcité, en effet, sinon un système qui fait de l'homme le principe de toute chose, de l'autonomie de l'individu, le principe moteur de la condition humaine? Et d’affirmer ensuite : " Or, toutes les religions sont basées sur l'idée d'obligation. L'homme y est conçu comme une créature soumise qui a des devoirs envers son créateur. De même, lorsque l'on suppose une autorité transcendante, la démocratie n'est pas utile ".
(Islam et Musulmans dans l'espace Européen: Défis de la Laïcité. p.127 Editions: Espace de libertés)
Nous ne sommes évidemment pas d'accord avec ces assertions.
Si vous avez lu le Nouveau Testament, pierre d'angle de la religion catholique et le Coran, fondement de l'islam les différences sont bien réelles.
Sans aller dans les détails, on peut dire :
que l'une propose une religion, défend la liberté de religion, condamne toute violence, traite homme et femme à égalité et sépare le politique du religieux en partant d'un Dieu qui s'est fait connaître en vivant parmi nous et en donnant l'exemple. Cet enseignement est un aggiornamento de l’Ancien Testament et décrit dans le Nouveau Testament.
L'autre impose sa religion, par la force si nécessaire,
justifie la violence, déresponsabilise l'homme, confond politique et religion et traite la femme d’une manière très différente de l’homme. Le Dieu musulman est un être inconnaissable a transmis un texte non interprétable.
Le fait d'appartenir à une religion est une décision personnelle, un libre choix et donc nullement contraignant. Bien au contraire, cette appartenance est une source interne de bonheur et de salut.
Ignorer le fait de Dieu est également un choix libre et personnel, il semble même que de plus en plus de personnes font ce choix. Mais est-ce le bon choix?
En ce qui nous concerne, la laïcité n'est autre chose que la séparation des pouvoirs politique et religieux. Là où nous ne sommes pas d'accord avec la définition de la laïcité telle qu'elle est formulée par le Pr. KOTEK. Cette interprétation s'écoulant directement des Lumières, elle est à la source de beaucoup de malheurs de notre société. Nous y apporterons un éclairage circonstancié d’ici quelques temps.
L’Islam est un “monde” qui veut rester ce qu’il est, qui ne peut se développer à partir de ce qu’il est, mais qui s’est vu confronté à un Occident dont l’expansion culturelle, économique et idéologique, a été fulgurante durant les siècles derniers.
Pour l’Occidental, la liberté, l’émancipation ou les droits de l’homme sont des acquis ne pouvant être soumis à aucune instance.
Pour le musulman par contre, le Décret divin reste ultimement déterminant donc théocentrique et même théocratique. Il s’ensuit qu’une société musulmane ne peut être laïque dans le sens d’une séparation des pouvoirs temporels et spirituels.
De fait, les Etats musulmans ont soit, une constitution basée sur la Shari’a, soit un tentative de démocratie mais avec à la tête de ce parlement un guide suprême, au pouvoir suprême, qui peut sanctionner toute décision du parlement.
